Babayaga et son chaudron volant (Musée de la sorsellerie)

Angoisse sourde au fond de la moindre pensée. Tout pèse plus lourd. Chaque mot doit s'ébrouer avant de s'enrouler au fil des autres.
Les pensées guettent les passants sans teinte. En mal de géniteur, en curiosité de naissance, elles brûlent de décrypter la source de leurs sources.
Etrange mélange de précipitations et de reculs.
Et si...
au fil des heures grises les pensées engorgeaient les parkings, les trottoirs et soudaient chaque individu au silence...
Et si...
pensées muettes au-delà de l'extase, de l'oubli, du partage, de la découverte, de l'interprétation...
pensées gloutonnes et féroces, assoiffées d'innocence...
Elles vomissaient leurs méandres ?

Orgie des pensées lapant les grimaces de la tristesse encombrante. Interdire à la tristesse d'enfanter ! Muer aux paumes offertes des rires.
Concert de pluie de pensées. Pensées en pluie-musique. Rêve des pensées.

Repenser !


On diligenta donc un ministère de la Pensée !

Mais les pensées s'empilaient meurtrières. Chaque monde subissait ce calvaire des pensées rebelles à toute autorité.
Les chercheurs s'empoignèrent. Chacun pensait avoir trouvé la cause des bonnes et des mauvaises pensées.
Alors les pensées s'aventurèrent vers l'ombre. On les prétendit engluées.
Mais l'ombre les avait régurgitées.