La Légende de St Julien l’Hospitalier

Il fut un temps où il n’y avait pas de pont pour passer un fleuve, et il fallait faire appel à un passeur pour aller d’une rive à l’autre !

C’est ainsi que l’on traversait la plupart des cours d’eau qui ne présentaient pas de gué, du reste. Mais lorsqu’il s’agissait de certains fleuves, l’appréhension était grande.

Parmi tous les puissants fleuves, la Loyre était particulièrement rebelle et nul ne pouvait passer d’un côté à l’autre sans devoir l’affronter.

Si vous allez flâner un jour au long de ses berges, si peu qu’elle vous sente à l’écoute, peut-être vous confiera-t-elle une de ces histoires dont les fleuves gardent la mémoire. Ainsi celle de Julien…

Fils unique d’une famille fortunée, intelligent, sûr de lui et le regard fier, ce jeune homme portait en lui toutes les promesses de sa noble lignée.

Son histoire est étrange. Il n’avait que quelques jours quand lui furent dévolues deux destinées. Une voix avait confié à sa mère, « Ton fils sera un saint ». Et la tendre femme avait longuement prié au sortir de ce songe.

« Il sera l’équivalent d’un empereur », avait assuré un devin à son père ébloui par la nouvelle. Mais craignant de faire montre de trop d’orgueil, les parents ne se confièrent pas ce qui leur avait été révélé.

Julien se révéla un enfant impétueux, curieux de tout, très pieux et aimant et parfois cependant passablement dépourvu de sensibilité ainsi qu’il en fit montre quand à l’âge de 7 ans il décapita sans ciller, une souris qui s’était aventurée sur les bancs de l’église et le distrayait de l’office. Au fil des ans, il devint un jeune homme instruit et fougueux assoiffé de chasses audacieuses et de longues chevauchées. Dans le maniement des armes il avait le bras sûr et sans faiblesse. Ces aptitudes émerveillaient son père qui songeait qu’il lui fallait bien ce caractère pour correspondre à l’envergure que l’on attend d’un dirigeant.

Mais le côté guerrier de cette personnalité laissait sa mère circonspecte, et elle priait en se répétant que la piété que manifestait son cher fils disciplinerait sans doute avec le temps ses ardeurs chasseresses.

Julien ne semblait pleinement heureux qu’au contact de la vie rude et sauvage qu’il partageait lors des battues.

C’est au terme d’une de ces journées éprouvantes que la nature le défia, alors qu’il n’avait de cesse, comme à chacune de ses sorties, de ramener les plus belles prises et en quantités considérables.

Ce jour là, le jeune homme avait ajouté à son tableau de chasse, tant de gibier que ses hommes se demandaient comment les ramener. Mais Julien ne se lassait pas de poursuivre un magnifique troupeau dont la traque se révélait plus difficile et périlleuse qu’à l’accoutumée ; ce qui l’excitait plus encore.

Alors qu’il en avait décimé une bonne partie…

Pour découvrir l’étrange destinée de celui qui allait devenir Julien l’Hospitalier
venez assister à l'une des représentations
ou demandez à en organiser une dans votre région.